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Les enfants placés : une urgence humaine et une responsabilité collective - Deux messages porteurs d'inspiration (publiés sur LinkedIn)
14 août 2026

Les enfants placés : une urgence humaine et une responsabilité collective
Les enfants confiés aux Services de l'Aide à la Jeunesse (SAJ) et de la Protection de la Jeunesse (SPJ) portent souvent les blessures les plus profondes de notre société. Victimes de maltraitances, de négligences, de violences ou d'abandons, ils ont connu, dès leur plus jeune âge, des traumatismes qui compromettent durablement leur santé physique et mentale, leur développement et leur avenir. Le placement est une mesure de protection indispensable, mais il constitue aussi une nouvelle rupture affective qui peut renforcer une souffrance déjà immense. Protéger un enfant ne suffit pas ; encore faut-il lui offrir les moyens de se reconstruire durablement.
Aujourd'hui, ces enfants continuent pourtant de se heurter à des obstacles majeurs : accès insuffisant aux soins somatiques et psychologiques, délais d'attente incompatibles avec l'urgence de leurs besoins, instabilité des parcours, difficultés scolaires, manque de perspectives professionnelles et accompagnement insuffisant lors du passage à la majorité. Trop de jeunes quittent leur dispositif de protection sans soutien durable, alors qu'ils n'ont ni réseau familial sécurisant ni ressources suffisantes pour construire leur autonomie.
Cette situation n'est pas une fatalité. Elle appelle notamment des décisions politiques fortes.
Je demande de faire de la santé physique et mentale des enfants placés une priorité absolue. Face à la pénurie structurelle de pédopsychiatres en Belgique - une pénurie que le secteur documente depuis plus de quinze ans sans qu'elle ait été résorbée, et qui se traduit par des délais d'attente de plusieurs mois pour un premier rendez-vous - il est indispensable de renforcer les équipes pluridisciplinaires …
Je demande également un suivi médical systématique, un accès prioritaire aux soins, une meilleure coordination entre les secteurs de la santé, de l'enseignement, de l'aide à la jeunesse et de la justice, ainsi que des parcours scolaires plus stables, mieux accompagnés et davantage individualisés.
Enfin, aucun jeune ne devrait être confronté à une rupture d'accompagnement au seul motif qu'il a atteint l'âge de 18 ans. Un accompagnement prolongé, modulable selon les besoins, doit garantir l'accès au logement, à la formation, aux études, à l'emploi, aux soins et au soutien psychosocial jusqu'à ce qu'une autonomie réelle soit acquise. Les Actions en Milieu Ouvert (les « AMO ») accomplissent un travail remarquable et indispensable auprès des jeunes en transition vers l'autonomie. Elles constituent un maillon essentiel de cet accompagnement, mais ne peuvent répondre, à elles seules, à l'ensemble des besoins. Leur action doit s'inscrire dans une politique plus globale, dotée de moyens suffisants, afin d'assurer une continuité de l'accompagnement et d'éviter toute rupture de parcours.
Chaque euro investi dans ces enfants est un investissement dans la cohésion sociale, la santé publique et l'avenir de notre société. A l'inverse, l'inaction engendre des coûts humains, sociaux et économiques considérables.
Ces enfants sont des citoyens en devenir. Leur offrir la sécurité, la stabilité et les soins auxquels ils ont droit est une obligation morale, un impératif de justice et une responsabilité notamment politique qui ne peut plus être différée.
Dès lors, pourquoi ne pas créer, tant en Fédération Wallonie-Bruxelles qu'en Communauté flamande, un réseau de spécialistes retraités, réunissant pédopsychiatres, psychiatres, psychologues, infirmiers spécialisés, enseignants, éducateurs, orthopédagogues, travailleurs sociaux, magistrats, ainsi que des dirigeants ayant consacré leur carrière à l'accompagnement des personnes ?
L'objectif serait de mettre à la disposition de ces jeunes en grande difficulté une équipe pluridisciplinaire capable d'assurer un accompagnement coordonné, durable et adapté à la complexité de leur parcours. Une telle approche permettrait d'offrir un suivi global, fondé sur la complémentarité des compétences et la continuité de la relation.
Je suis persuadé que nombre de ces professionnels, aujourd'hui retraités, seraient disposés à consacrer quelques heures de leur temps, de leur écoute et de leur précieuse expertise à une mission d'intérêt général. Leur expérience constitue un patrimoine humain d'une valeur inestimable, dont notre société gagnerait à tirer davantage parti.
Au-delà du mentorat, une telle initiative contribuerait à recréer des repères, à rompre l'isolement de nombreux jeunes, à restaurer leur confiance et à leur offrir des perspectives concrètes d'avenir. Elle permettrait également de valoriser un capital humain exceptionnel qui demeure aujourd'hui largement sous-exploité.
Les enfants placés par les SAJ et SPJ ont besoin de vous, de nous. Soutenez la cause défendue par le Fonds Entrepreneurial pour Enfants Défavorisés (FEED). Votre engagement, votre mobilisation et votre générosité peuvent changer des vies.
Enfants placés : et si nous mobilisions l'expérience de nos retraités ?
Pourquoi ne pas créer, dans chaque Communauté de notre pays selon ses propres dispositifs, un réseau de spécialistes retraités dédiés aux jeunes placés par les Services de l'Aide à la Jeunesse et de la Protection de la Jeunesse (SAJ et SPJ) ?
Pour être lisible et efficace, cette initiative s'articulerait autour de deux volets distincts : un volet clinique et thérapeutique, réunissant d'anciens pédopsychiatres, psychiatres, pédiatres, psychologues et infirmiers spécialisés ; et un volet mentorat et insertion, mobilisant des enseignants, éducateurs et travailleurs sociaux, mais aussi des dirigeants ayant consacré leur carrière à l'accompagnement de l'humain.
L'objectif ? Mettre à disposition une équipe pluridisciplinaire capable d'assurer un suivi global, fondé sur la complémentarité des compétences et la continuité de la relation.
Deux précisions, parce qu'elles sont essentielles. Ce dispositif viendrait en strict complément des équipes professionnelles financées sur fonds publics et ne saurait en aucun cas s'y substituer. Il impliquerait par ailleurs de définir un cadre juridique et assurantiel clair : vérification des agréments, extraits de casier judiciaire modèle 2, couverture au titre de la loi relative aux droits des volontaires.
Ces garde-fous posés, l'effet de levier serait considérable, pour un coût de coordination modeste au regard de l'expertise mobilisée.
Messages rédigés par JT